Créer son cabinet, c'est s'installer sans reprendre de patientèle : pas d'activité existante à racheter, mais pas non plus de chiffres passés à montrer à la banque. Le financement repose alors sur trois piliers : un budget complet, un prévisionnel crédible et un montage adapté au démarrage de l'activité.
Les postes à financer
Le premier piège est d'oublier une partie du budget. Une création de cabinet comprend en général :
| Poste | Ce qu'il recouvre |
|---|---|
| Le local | Achat des murs, ou dépôt de garantie et premiers loyers si vous louez |
| Les travaux | Cloisonnement, plomberie, électricité, mise aux normes d'accessibilité, insonorisation |
| Le matériel | Matériel médical, mobilier, informatique, logiciel métier, lecteur de cartes Vitale |
| Les frais d'installation | Honoraires (notaire, architecte), assurances professionnelles, signalétique |
| La trésorerie de démarrage | De quoi couvrir vos charges pendant la montée en charge de la patientèle |
L'activité de soins est en principe exonérée de TVA : vous ne récupérez donc pas la TVA sur vos travaux et votre matériel. Raisonnez toujours en montants TTC dans votre budget.
Le montage type
Un projet de création combine souvent plusieurs financements, chacun calé sur la durée de vie de ce qu'il finance :
- le prêt immobilier pour les murs, sur 15 à 25 ans, éventuellement porté par une SCI (voir notre guide SCI ou nom propre) ;
- le prêt professionnel pour les travaux et le matériel, généralement sur 5 à 7 ans ;
- le crédit-bail ou la location financière pour certains équipements coûteux, qui préserve votre capacité d'emprunt ;
- une ligne de trésorerie ou une partie du prêt affectée au fonds de roulement.
Le différé, votre meilleur allié
Les premiers mois, vos recettes progressent pendant que vos charges tournent déjà. Un différé d'amortissement de quelques mois (vous ne remboursez que les intérêts, voire rien du tout pendant une période) laisse le temps à l'activité de s'installer. Il se négocie à l'offre de prêt, pas après.
Les aides à connaître
Selon votre profession et votre lieu d'installation, plusieurs dispositifs peuvent alléger le plan de financement :
- les aides conventionnelles de l'Assurance Maladie pour une installation dans une zone sous-dotée, définie par l'ARS (par exemple le contrat d'aide à l'installation des médecins) ;
- les aides des collectivités : locaux proposés à loyer modéré, participation aux travaux, accueil en maison de santé ;
- les exonérations fiscales temporaires dans certaines zones (zones France Ruralités Revitalisation, zones franches urbaines), sous conditions ;
- les prêts d'honneur à taux zéro proposés par des réseaux d'accompagnement des créateurs, qui renforcent votre apport.
Les conditions et montants de ces aides évoluent régulièrement et varient selon les territoires. Renseignez-vous auprès de l'ARS, de votre caisse d'Assurance Maladie et de la mairie dès le début du projet : certaines aides doivent être demandées avant l'installation.
Ce que la banque regarde sans historique
Sans déclaration de résultats à présenter, votre dossier repose sur d'autres éléments :
- Votre parcours : diplômes, remplacements, collaborations, revenus déjà perçus.
- Le choix du lieu : densité de professionnels, besoins de la population, proximité d'autres soignants. Une courte étude d'implantation est un vrai plus.
- Le prévisionnel établi par votre expert-comptable, avec des hypothèses prudentes la première année.
- Votre apport, même modeste : il montre votre implication et couvre souvent les frais annexes.
- Votre situation personnelle : revenus du conjoint, crédits en cours, épargne.
Les professions de santé bénéficient d'une bonne image auprès des banques, y compris en début d'activité. Un dossier bien présenté fait la différence.
Un exemple de plan de financement
Travaux d'aménagement : 40 000 €. Matériel et informatique : 15 000 €. Trésorerie de démarrage : 10 000 €. Le projet peut être financé par un prêt professionnel de 65 000 € sur 7 ans, avec un différé de 6 mois, complété par un petit apport pour les frais annexes.
Exemple illustratif : les montants, durées et conditions dépendent de chaque projet et de chaque banque.
Les erreurs à éviter
- Signer le bail ou commander les travaux avant d'avoir un accord de financement.
- Oublier la trésorerie : c'est elle qui fait défaut le plus souvent la première année.
- Sous-estimer les travaux : prévoyez une marge pour les imprévus.
- Mélanger projet professionnel et projet personnel sans vision d'ensemble : la banque regarde votre endettement global.
Retrouvez aussi la liste des pièces à préparer et nos pages dédiées à chaque profession, par exemple pour les médecins ou les kinésithérapeutes.
En résumé
- Un budget complet et TTC, trésorerie comprise.
- Des financements calés sur la durée de vie de ce qu'ils financent, avec un différé au démarrage.
- Des aides à rechercher tôt, selon votre profession et votre territoire.
- Un prévisionnel prudent pour compenser l'absence d'historique.
L'équipe Libérale Courtage
Courtiers spécialisés dans le financement des professions médicales et paramédicales libérales depuis 2014, partout en France.


