Pour un professionnel de santé libéral, l'assurance emprunteur n'est pas une formalité. Si vous ne pouvez plus exercer, ce sont vos recettes qui s'arrêtent, et avec elles la capacité à rembourser le crédit du cabinet. Or tous les contrats ne se valent pas, surtout pour des métiers où une simple blessure à la main ou au dos peut empêcher de travailler.
Voici les cinq points que nous vérifions systématiquement pour nos clients.
1. L'invalidité est-elle appréciée selon votre profession ?
C'est le point le plus important. Il existe deux grandes façons d'évaluer une invalidité :
- l'invalidité fonctionnelle, appréciée selon un barème général, sans tenir compte de votre métier ;
- l'invalidité professionnelle, appréciée en fonction de votre capacité à exercer votre profession.
Un chirurgien-dentiste qui perd une partie de la mobilité de sa main ne peut plus soigner, alors qu'un barème fonctionnel peut lui attribuer un taux d'invalidité modéré. Avec une garantie professionnelle, il a beaucoup plus de chances d'être pris en charge.
Pour les professions médicales et paramédicales, une garantie fondée sur l'exercice de votre profession est fortement recommandée.
2. La franchise et le mode d'indemnisation
En cas d'arrêt de travail (ITT), l'assureur ne prend en charge les échéances qu'après une franchise, souvent de 30, 60 ou 90 jours. Plus elle est courte, mieux vous êtes protégé, mais plus la cotisation est élevée.
Vérifiez aussi le mode d'indemnisation :
- forfaitaire : l'assureur rembourse l'échéance prévue, quelle que soit votre perte de revenus ;
- indemnitaire : il ne compense que la perte réelle, en tenant compte des autres indemnités que vous percevez (prévoyance, régime obligatoire).
Pour un libéral, le mode forfaitaire est généralement plus protecteur.
3. Les exclusions du dos et des troubles psychiques
Beaucoup de contrats excluent, ou ne couvrent que sous conditions (hospitalisation, intervention chirurgicale), les pathologies du dos et les affections psychiques. Ce sont pourtant des causes fréquentes d'arrêt chez les soignants : kinésithérapeutes, infirmiers, chirurgiens-dentistes, sages-femmes…
Certains contrats permettent de racheter ces exclusions moyennant une surprime. C'est souvent un bon investissement.
Lisez la notice d'information, pas seulement la proposition commerciale. Les exclusions y figurent en détail, et c'est elle qui fera foi en cas de sinistre.
4. Les quotités entre associés
Lorsque vous empruntez à plusieurs, notamment en SCI, il faut répartir la couverture entre les associés : c'est la quotité. Une couverture à 100 % sur chaque tête protège le mieux, mais coûte plus cher. Une répartition au prorata des parts est plus économique, mais laisse les autres associés rembourser la part d'un associé défaillant.
La bonne répartition dépend de l'équilibre des revenus entre associés et de ce que prévoient vos statuts en cas de départ ou d'invalidité de l'un d'entre vous.
5. Le choix de l'assureur se négocie à l'offre
Vous n'êtes pas obligé de prendre l'assurance groupe proposée par la banque : une délégation d'assurance auprès d'un autre assureur est souvent possible, à garanties équivalentes.
Les dispositifs permettant aux particuliers de changer d'assurance à tout moment concernent les crédits immobiliers à usage d'habitation. Pour un prêt professionnel, les conditions de changement sont celles prévues au contrat : il est donc essentiel de négocier le bon contrat dès le départ.
Si vous avez un problème de santé, la convention AERAS peut aussi s'appliquer à certains prêts professionnels, notamment pour l'acquisition des locaux.
Notre conseil
L'assurance représente une part significative du coût total d'un financement. Mais le critère principal ne doit pas être le prix : c'est la qualité de la couverture au regard de votre métier. Nous comparons les contrats en même temps que les offres de prêt, pour que garanties, quotités et montage juridique soient cohérents.
L'équipe Libérale Courtage
Courtiers spécialisés dans le financement des professions médicales et paramédicales libérales depuis 2014, partout en France.


